Lydie Salvayre : Pas pleurer


Couverture Pas PleurerDeux voix entrelacées. Celle, révoltée, de Georges Bernanos, témoin direct de la guerre civile espagnole, qui dénonce la terreur exercée par les nationalistes avec la bénédiction de l’Eglise catholique contre les  » mauvais pauvres « . Son pamphlet, Les Grands cimetières sous la lune, fera bientôt scandale. Celle, roborative, de Montse, mère de la narratrice et  » mauvaise pauvre « , qui, soixante-dix ans après les événements, a tout gommé de sa mémoire, hormis les jours radieux de l’insurrection libertaire par laquelle s’ouvrit la guerre de 36 dans certaines régions d’Espagne, des jours que l’adolescente qu’elle était vécut dans la candeur et l’allégresse dans son village de Haute Catalogne. Deux paroles, deux visions qui résonnent étrangement avec notre présent, comme enchantées par l’art romanesque de Lydie Salvayre, entre violence et légèreté, entre brutalité et finesse, portées par une prose tantôt impeccable, tantôt joyeusement malmenée.

Paris june 3. File photo: french author Lydie Salvayre at home . Photo by Ulf Andersen / Getty Images

Lydie Salvayre est née en 1948, dans un village près de Toulouse, de parents républicains espagnols exilés après la victoire des franquistes. Son père andalou, issu d’une famille franquiste, ne retournera jamais chez lui. Sa mère, catalane, aujourd’hui malade d’Alzheimer, est l’une des voix de son roman Pas pleurer (Seuil). Lydie Salvayre n’apprend le français qu’à l’école primaire, et l’une des particularités du roman est de mêler ses deux langues, créant ainsi le «fragnol». Le président de l’Académie Goncourt Bernard Pivot a salué «une écriture très originale», glissant un regret «qu’il y ait parfois trop d’espagnol».

 

 

Paris june 3. File photo: french author Lydie Salvayre at home .
Photo by Ulf Andersen / Getty Images

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